dimanche 7 septembre 2014

"Buonanotte gioia"


J'ai clairement l'impression de vivre un rêve éveillée, on a tellement construit cette semaine, cette semaine à ne rien faire mais productive pourtant, tu as enfin rencontré ma maman, ma maman qui t'a adoré, et tu l'as dit à ton père en écrivant ça devient sérieux, mes amis, on est rentrés ivres d'une soirée formidable avec ma Poupée et Camille, ces soirées que j'aime le plus quand tu es à Lyon, j'ai enfin obtenu mon permis en ta présence - et sûrement grâce à elle, et tous ces repas cuisinés et partagés ensemble, ces nuits à dormir enlacés, ces doux matins où tu es toujours là, où je n'ai plus rien à craindre, ces conversations sur nous, notre futur ensemble, le mariage, les enfants, tout devient tellement réel, si ça ne l'était pas déjà avant, ça l'est aujourd'hui, pour de bon et pour de vrai, je t'ai donné le poème et je te l'ai enfin dit, ce je t'aime que je voulais te dire depuis un an, et c'est sorti en anglais, et tu m'as embrassé follement, comme saisi par mon amour frénétique; nos étreintes qui égrènent les heures, et tu as toujours la force d'aller chercher le pain le matin, et tu adores mon appartement, celui qui tu appelles le petit appartement français, que tu as voulu photographier dans ta mémoire quand nous étions l'un contre l'autre, devant la brise ensoleillée des portes-fenêtres ouvertes et deux verres de vin laissés sur la table, et je t'appelle mon chéri et tu me réponds si gioia?, tu me dis que gioia est un parfait surnom pour moi, tu me dis tu es un trésor, tu es la source de mon bonheur, tu me dis tu es parfaite, quand je pense à ce que je cherche chez une femme tu es parfaite sur tous les niveaux, et je crève de bonheur à l'intérieur, je crève de sérénité et d'amour, et le dernier jour arrive déjà, on ne l'aime pas, on n'aime pas ce dimanche-là, on n'arrive plus à sourire, on se fuit du regard parce qu'on sait combien ça sera dur, même si on se retrouve dans un mois et demi pour habiter ensemble, l'au revoir à la gare sera toujours difficile, et la dernière étreinte n'est jamais la meilleure, parce qu'on est saisis de tristesse, j'essaye d'être positive, je te dis souris et tu me réponds comment je pourrais, et tout ce que je voudrais c'est que ce bus ne parte pas, tu me serres dans tes bras et je chuchote à bientôt mon chéri et tu réponds arrivederci gioia à mon oreille et je me dis quelle chance on a, qu'est-ce que ce moment est triste mais quelle chance on a. Alors je serai patiente une fois de plus, toujours à toi, toujours à nous, et à bientôt l'amour qui se savoure tous les matins, combien de crépuscules encore jusque-là; à très bientôt amore.

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