Me préparer pendant une heure, m’affoler devant mon portable, squatter timidement en attendant tes nouvelles, chercher ce
travail et cet appart comme une acharnée pour que la vie devienne plus
simple, feuilleter le Petit Paumé pendant des heures en imaginant toutes
ces sorties qu’on pourrait faire et comment te surprendre, ces verres
d’alcool et toutes ces cigarettes qui se consument bien trop vite; penser à toi.
Te retrouver, vivre sans horloge sans silence, nos étreintes au coeur de la
musique, ce désir flottant au bord des lèvres. Revoir ta meilleure amie, te
faire rencontrer la mienne; notre lien qui se resserre. Te voir
imiter ta mère quand elle s'adresse à toi, ton humour noir
tellement brillant, toutes ces mimiques, tous ces gimmicks qui nous font
rire, ces délires qui nous rapprochent. Tout ce qui brûle mes doigts de te toucher encore, d'agripper la
chaîne autour de ton cou; mes lèvres crament sans cesse de t'embrasser,
de te saisir. La perfection de tes traits me choque encore; ce
corps que j'aime à caresser, dont je ne me lasse jamais. Tu me fais
rire,
tu me donnes une raison d'être la plus belle possible; je m'adapte à la
grandeur de ta perfection,
tu me fais voir la vie comme un gigantesque concert. Et cette étreinte
pour ton anniversaire de chômeur, tes regards, ton sourire vers moi, ton
caractère calme, doux, rangé, pragmatique. Plaire à ta meilleure amie
et à tes potes était tellement satisfaisant. T'entendre dire au
téléphone à des amis que je ne connais pas encore "je suis avec Emma",
ou "Emma est avec moi oui !", comprendre que tu as parlé de moi,
imaginer ce que tu as pu dire et avec quel sourire, quelle ivresse. Te
voir cuisiner pour moi, boire ce café le matin, fumer sans arrêt et
planer sans cesse. Me rappeler des propos de ta meilleure amie "s'il te
prépare des crêpes et des nems, c'est le doublé gagnant !"
comme pour dire "il est mordu !", en me rendant compte que tu m'as
cuisiné les deux en deux
jours. Ces siestes de 20h à 22h, indéfinissables - cette étreinte;
tendresse, plénitude, chaleur, réconfort. Et t'enlacer
sous la nuit aussi intensément que ma force puisse le permettre entre
deux soupirs, nos souffles que Nocturne enveloppe; ma passion qui se développe dans ces sons magnétiques, métalliques, dans ces lyrics.
Et
ce manque physique soudain après ces 57 heures passées avec toi, ce cri
du corps, ces sensations amères qui hurlent de te toucher encore, de
palper la réalité sous ton pull, d'imprimer
encore tes attitudes dans mes pupilles dilatées. Ce bus et ce train qui
m'éloignent de ta peau, toujours plus souvent.
J'ai une impression de jamais-vu à tes côtés. Combien j'aime ce temps passé avec toi.

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