Mélanger nos mondes entre mes amis et les
tiens, t'apprendre comment jouer aux
fléchettes, t’entendre dire “moi je suis pour Emma ! Je crois en
toi”, cette étreinte quand j’ai gagné, ces photos de nous avec mon ami, cette belle entente entre vous deux. Te voir officialiser
devant tes amis à toi, avec ce sourire de ta meilleure amie qui m’a
dit “je suis trop contente”. Moi aussi, tellement. Te
voir me regarder comme ça, chercher le contact, m’étreindre à m’en
couper le souffle sous les musiques électro assourdissantes, me
chuchoter à l’oreille, t’entendre me dire que je peux venir chez toi en
dépanne parce que j’ai plus d’appart, qu’on ira voir Örfaz, et tous ces
murmures de ton désir, ces baisers. C’était beau d’enquiller whisky sur
whisky, pinte sur pinte, taffe sur taffe sur tous ces pilons, et de ne
pas être totalement à la dérive, d’être juste cassée mais consciente et bien,
d’ailleurs j’ignore encore comment mon corps a supporté tout ça sans se
rebeller, sans s’écrouler sur le bitume, tellement j’ai passé la nuit à
boire et à fumer. Et ce bus je n’avais pas envie de le voir arriver,
d’ailleurs je me suis endormie dedans, et j’ai marché sous la pluie, je
suis arrivée à 6h du matin chez Poupée, cassant tout son sommeil avec ma
vie de SDF Lyonnaise au coeur léger. Ce frisson d’un Nous qui me transporte.

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