"Parcourir les routes, rentrer à la maison, et voir tout comme si c'était la première fois".
S'engourdir d'horizons comme la nécessité de l'oxygène. Moi je me trouve quand je me perds. Ouvrir ses yeux sur la grandeur du monde, en enfermer les reliquats dans sa valise, la faire, la défaire, la refaire encore, sans jamais s'arrêter, le passeport, des heures d'attente dans les aéroports, le frisson du décollage, les yeux qui sourient à l'arrivée, les premières photographies, et courir dans les villes au son des cartes postales à envoyer, sans trop savoir où aller, et quelques jours plus tard les connaître un peu mieux et s'orienter dans les bonnes directions. Comme j'aimerais, si je le pouvais. Ne faire que ça de ma vie. Me trouver ici une semaine et là-bas la suivante. Gorger ma mémoire de paysages et de rencontres, jusqu'à plus soif. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place ou plus de temps. Et je suis si minuscule et le monde si grand, que ne jamais pouvoir tout découvrir est le grand deuil de ma vie. Je vis pour partir, et ce n'est même pas un échappatoire. Le voyage est ma machine respiratoire.

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