
Que font-ils, tous ces gens sur le quai de la gare vide ? Ce quai de gare aux allures de ville abandonnée, où le vent souffle un air léger et où nos ombres dansent sur le goudron. Font-ils comme moi ? Fument-ils en regardant dans le vide, perdu dans les stigmates de leur passé ? Soudain le crissement du train sur les rails, les portes qui s’entrouvrent. Les paysages défilent à travers la vitre comme les photographies de toute une vie accolées les unes aux autres. Est-ce que comme moi, les voyageurs savent que personne ne les attendra sur le quai à l’arrivée ? Et à ma manière, l’espèrent-ils toujours en cherchant dans la foule un visage familier ? Je cherche ton visage dans cette concentration d’inconnus qui m’embourbe, et ne te trouvant jamais, je sens toujours mon cœur se déchirer. C’est ce à quoi la plupart de mes dimanches soirs ressemblent. N’être attendu par personne à la gare.
Les autres aussi ont-ils le cœur brisé ?
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