
Tu me manques tellement que c'est indescriptible. Cette carence de toi qui quand vient la nuit, fend ma peau, écrase mes rêves et nourrit mes délires. Je commence à haïr ces soirées vides de sens, où mes rimes ne riment à rien, où mes songes découpent des formes angoissantes. Et ce bus à destination de chez toi, que je ne peux plus attendre, plus prendre, et qui passe toutes les dix minutes pour verser encore plus d'acide sur cette blessure déjà profonde. Chaque jour j'en redoute la fin, car je sais que lorsque le ciel s'en ira, subitement plus rien n'ira bien. J'ignore ce que tu ressens, si tu avances dans cette vie, et je te dédaigne de ne pas m'en parler, de ne pas me parler. Dans la rue les hommes se retournent sur mon passage, des hommes sans visage, au regard vide, que je ne remarque pas. Car je t'aime plus que tous les autres. Mais ça, tu ne le sauras pas.
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