dimanche 29 avril 2012

Indépendante


Le temps et la distance guérissent de tout. Avant j'attendais, à m'en crever le coeur sous la nuit, à en inonder les oreillers, je me torturais d'insomnies à trop y penser; à penser à lui. Cela semblait ma priorité en somme : souffrir d'attendre, et sans retour. Aujourd'hui après 11 jours sans l'avoir vu, je n'ai plus qu'un seul but, et essentiel cette fois-ci : obtenir mon diplôme. Je travaille dur, je m'abrutis à la tâche, j'y passe la nuit le jour, mon cerveau est envahi de techniques touristiques, d'analyse spatiale, de mercatique, de patrimoine régional, de langues étrangères. Si bien qu'il n'a plus le temps de penser à autre chose. Si bien que je ne ressens plus rien. Je n'ai plus ces flots d'amour bouillants dans les veines, je n'ai plus cette déchirure de dormir seule chaque soir, je n'ai plus cette carence omniprésente de lui; parce que le temps m'a aidée à prendre de la distance : je n'attends plus rien. La vie est tellement plus simple ainsi. De toute façon l'amour n'est pas compliqué : les gens le sont. Alors moi je me concentre, l'esprit allégé de ces attentes envers lui, sur des choses simples et concrètes : l'étude d'opérations touristiques, l'analyse d'un territoire, le plan de communication d'une destination. Une tête remplie de tourisme si bien que tout mon corps le réclame : j'ai besoin d'un voyage. Je suis en manque de découvertes. Et je ne ressens plus rien d'autre que ce besoin-là, mon amour pour la musique et le stress motivant des examens. Ca ne veut pas dire que je ne l'aime plus; seulement que j'ai mis tout ça sur pause parce que j'en souffrais sur l'instant, et que le temps et sa distance m'ont aidée à le faire. Ca ne veut pas dire que je ne pense plus à lui; seulement que son image s'est un peu brouillée. Ca ne veut pas dire que je n'ai pas envie de le voir, seulement que je peux aller bien sans lui.
Et elle me va bien, cette légèreté d'esprit.

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