
Je me sens brisée, hors du monde, complètement déconnectée. Il me manque, mes os se fracturent sous cette folie, mon esprit se gaze, s'embrouille. Tout m'anéantit et me rend nerveuse et colérique. Les futilités lycéennes, la lourdeur des questions à son sujet. C'est tellement difficile de porter le masque du sourire quand dessous, on essaye de survivre. J'ai croisé quelqu'un qui portait le même vêtement que lui et ça m'a traumatisée. Toutes les 10 minutes le C7 passe en bas de chez moi et ça me déracine. Je perds les pédales, je bats de l'aile. Je suis invisible et anéantie. Je veux qu'il revienne, qu'il se relève du Mal qui le ronge, et qu'il sonne chez moi, une rose à la main, me dise combien je lui manque, combien c'est insupportable et que plus jamais on ne se séparera. Je m'endors en cours, me recroqueville dans mes bras comme si c'étaient les siens, ferme les yeux et pense à son visage, à son regard d'hier soir baigné de larmes. Et me demande ce qu'il fait. Je suis si inquiète que tout mon corps s'en décompose. J'ai trimballé ma blessure béante sur la route qui m'a ramenée à la maison. Je suis meurtrie de l'intérieur, vide, sans nuances, sans parfum, sans âme qui traine. Les secondes s'égrènent si lentement. C'est comme s'il était parti en mission dans un pays lointain, mais sa mission est de combattre son hydre. Je meurs de son départ, je suffoque, je m'empourpre de douleur. Je l'attends. Et le temps s'est assoupi dès la seconde où la porte s'est refermée sur son visage merveilleux bien que froissé par les larmes, et depuis je vis en dehors du sablier, sourde, muette et immobile. Si ça reste une vie. J'appelle des gens à l'aide et ils enveloppent mon cœur d'une chaleur de quelques minutes, ils réchauffent éphémèrement mon corps tourmenté. Ces quelques personnes à qui je peux en parler adoucissent le manque de mon cœur qui s'étrangle. Je m'asphyxie.
Mais je serai toujours sa princesse, toujours sienne et ça me rassure. Ce n'est qu'une question de temps.
Alors je l'attends. Je tiens debout pour moi, pour lui, pour nous.
En verres et contre tout.
Mais je serai toujours sa princesse, toujours sienne et ça me rassure. Ce n'est qu'une question de temps.
Alors je l'attends. Je tiens debout pour moi, pour lui, pour nous.
En verres et contre tout.
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