
Lorsque pleut le chagrin. Allongée sur le goudron. J'attends quelque chose. J'abandonne mon corps au sol dur et froid qui m'engloutit. Au dessus de ma tête le ciel crée ses ravages. Il gronde et mute comme un monstre cruel. J'attends qu'il m'étreigne toute entière, j'attends de m'offrir à son ondée nocturne. J'attends la tempête, j'attends les terreurs noires. Colère des anges. Je m'attire leurs foudres. J'ai provoqué leur hargne. Je comprends leurs chants acerbes. Le firmament menace d'éclater. Et je reste en dessous. J'attends comme ma souffrance qui bat. Comme la musique qui cogne. Comme mon corps qui s'attarde. Sous la tempête. Dans la tourmente. L'averse vient me transpercer. Je suis libre et dévastée. Laissez-moi rester découronnée. Abandonnez mon corps aux portes du Styx, laissez la pluie s'emparer de mon souffle. Reposez ma tête sur le bord de la route, éclairée par vos phares insensibles. Je me suis perdue avec délice. Je suis morte d'avoir trop voulu vivre.
1 commentaire:
Très beau.
Je suis sûr que tu pourrais aller loin avec tes textes.
Tu est douée, c'est certain.
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