Bologna Centrale. 10h51. Mon train est en retard et tu dois partir travailler; dernière étreinte dernier baiser, la voiture démarre et je te regarde t'éloigner, et pourquoi est-ce que je me mets toujours dans des états pareils après avoir passé de si précieux moments avec toi, soixante heures ensemble, oui je compte encore, je compte toujours, ça me rassure; pourquoi les larmes viennent-elles si rapidement alors qu'on vient de parler du futur, de notre futur, que tu viens de me dire que tu allais sérieusement penser à venir en France, mars 2015, travailler et prendre des cours intensifs de langue, que notre vie ensemble va vraiment commencer, je pleure peut-être de bonheur cette fois-ci, tellement ça devient vrai. Après cette journée à Dozza pleine de douceur et d'étreintes, ce dîner à quatre avec ton meilleur ami et sa dulcinée, après cette discussion que j'ai eue avec lui du haut de la tour de Bologne le jour de sa remise de diplôme, ces soixante heures de bonus, d'infini encore, parler de future maison, de voyages, de mariage et d'enfants, oh comme tu me manques déjà, comment dire au revoir à tout ça, comme je t'aime, si tu savais à quel point je t'aime et comme je m'en veux de ne pas l'avoir déjà dit, si tu savais à quel point tu fais naître en moi toujours plus d'envies, de lumière, de beauté. De vie. Tu viens me voir en Septembre, j'ai déjà tellement hâte, te retrouver et t'aimer encore, toujours plus à chaque retrouvaille, ton souffle sur ma poitrine et mes doigts dans tes cheveux, et ton regard qui me trouble, si sublime; tant de poèmes y sont logés, bien plus que tout ce que j'ai pu écrire sur toi depuis quatre ans, je t'aime, je n'ai jamais aimé comme ça, je te veux tous les jours, me réveiller avec toi chaque matin, faire de ce qui est aujourd'hui extraordinaire quelque chose de naturel, préparer le café italien et les croissants français, t'embrasser à m'en décrocher les lèvres; être amoureuse de toi ressemble à ceci, ma vie d'attente et en suspens, qui vaut la peine de marcher sur un fil, la sécurité d'un futur avec toi sans pour autant qu'aucune promesse n'ait été faite, mais nous le savons tous les deux, comme si au final faire notre vie ensemble allait de soi; si pour une quelconque raison je ne devais pas finir la mienne avec toi je préférerais autant la finir seule, ou de suite; viens en France, ou je te retrouverai, ou partons ensemble, que notre vie débute enfin; les mêmes clefs d'appartement, les mêmes clefs, la même vie, enfin à nous, la réunion d'efforts tant à récompenser.
Les aquarelles de ma vie
sont devenues belles enfin
et je m'éveillerai sans plus craindre cet au revoir, sans plus compter les heures qu'il nous reste et sentir mon coeur se resserrer au fil des minutes, je promets de t'aimer, de te reconquérir chaque jour, de ne jamais te laisser une occasion de te défaire de tes sentiments pour une quelconque raison, toi mon amour, mon essentiel, ma famille, toi qui ne parle pas mais dont les yeux et les caresses disent tout, Bologna Centrale, 12h04, le train m'emporte à Milan et mes larmes sont du voyage, impossible de canaliser l'émotion avec une telle histoire, et je ne cherche plus à le faire; Bologna ville de mon coeur, ville de mon amour, tatouée sur ma peau comme nos étreintes de velours; à bientôt, à très bientôt.

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