vendredi 14 mars 2014

Consistency


Le jour de nos retrouvailles approche et j'ai l'impression d'être restée silencieuse si longtemps que mes mots semblent aujourd'hui incontrôlables. Furie des phrases. Je n'ai presque rien écrit sur toi depuis un mois. J'estimais que j'avais fait le tour et qu'aucun poème supplémentaire ne saurait plus décrire ce que je ressens pour toi ni à quel point la patience contrainte me bouleversait. Ce soir je me confronte à nouveau à tous ces émois refoulés, que je suis allée repêcher moi-même en préparant déjà ma valise, et en réalisant tout à coup à quel point mon existence pouvait être vacante sans toi. Désertée. Telle ma valise remplie pour une semaine et vide pendant trois mois. Depuis longtemps ma vie gravite autour de toi, de nous. Rien d'autre ne semble plus compter et je me retrouve toujours perdue à tenter de définir si c'est une fortune ou une fatalité. J'écris aujourd'hui comme si tu me lisais, pour trouver peut-être une issue possible, une réponse télépathe à mes angoisses. Serons-nous à nouveau amoureux sur le quai ? Amants ? A Vienne et partout ailleurs ? M'embrasseras-tu aussi fougueusement que lorsque tu étais ici dans cette pièce, posant ton regard sur moi, comme torturé par l'adversité qui est la suivante : ai-je le droit de l'aimer ? Est-il possible de faire quelque chose de ce qui crie sous ma poitrine ? N'existons-nous jamais que dans l'instant ? La stabilité est-elle envisageable ?
La seule chose qu'il me soit possible de faire à la fois sans incertitude et sans sécurité est de t'aimer Luca. Toutes les considérations qu'il me reste sont relatives à nous, et toujours cette sempiternelle épreuve mentale, que dois-je faire avec ça, ai-je raison d'y croire pour de bon, sommes-nous possibles dans la constance.
Mon amour prétend que oui.

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