samedi 4 avril 2009

Brume


Et le matin défile et je rêve d'aller ailleurs, tu dors encore et la lumière est rare, et mon visage se frotte à la vie et j'ai les yeux qui piquent, et le château de cartes bien ordonné s'écroule sous quelques fleurs fanées, et je ne suis pas certaine de pouvoir continuer, mon corps est vide et mon esprit dérangé, les pommes se gâchent et les arbres sont ternes, si seulement il existait un moyen d'effacer le tableau et de retracer le dessin soi-même ; mais les temps sont durs et la pluie est sacrée, mes yeux pétillent d'une lueur glacée, et les bulles d'eau caressent ma gorge, et tes je t'aime m'envolent et me dévorent, et leurs regards me stigmatisent et me picorent, et j'attends le Soleil et ses rayons et j'attends la Lumière pour enfin avoir quelque chose d'intéressant à dire, et tout ce que je peux prononcer sous la pluie restera fade et insondable, et je resterai invisible et à la fois trop imposante, et j'irai marcher en haut des collines et j'irai courir sur les goudrons des villes, et j'aurai le sentiment d'être autre chose que de la matière.

3 commentaires:

Black_Fairy a dit…

Ca fait un sacré bout de temps que je ne suis pas venue sur ton blog; je ne voyais plus les mises à jour, comme j'avais laissé le mien à l'abandon.

C'est un plaisir de te lire à nouveau; ton écriture est Belle et légère à la fois, elle emporte, vraiment. <3

Anonyme a dit…

C'est beau.

Marie a dit…

J'adore celui-ci!! Le fait que tout le paragraphe ne soit qu'une seule phrase c'est très cool je trouve, ça rend ton texte très vivant, comme si on écoutait une musique en accéléré...