Je m'enroule toutes les nuits dans ton pull jusqu'à atteindre le sommeil à quatre heures du matin entre deux cigarettes; et je pense à toi à l'Italie à nos beaux jours oh si tu savais à quel point je pense à nous, si tu savais à quel point tu me manques, tu aurais peur peut-être, en réalisant qu'à la manière de l'un de mes poumons, tu es une nécessité et non une dépendance, si tu savais combien j'attends nos retrouvailles; et j'ai ce souvenir indicible de cette nuit passée sur la route de Bologne à Milan dans la voiture qui me revient sans cesse, la belle ritournelle dont mon esprit ne se remettra jamais, l'ai-je rêvé tellement c'était beau, mon totem et notre amour m'ont dit que non, et je vis au son de cette chanson qui résonnait lorsque j'étais dans tes bras sans arriver à contenir mes larmes tant elle me le rappelle. J'arrive aujourd'hui à vingt-cinq jours de ce moment, plus de six cent heures sont passées depuis que je t'ai étreint pour la dernière fois, et ça me fusille clairement; et j'assassine le temps jusqu'à te serrer à nouveau dans mes bras, je suis meurtrie et meurtrière tous les jours, je ne sais plus chanter, je ne sais plus écrire, je ne sais plus photographier, j'erre atterrée dans les rues bondées de visages inconnus, et j'y pleure même, ivre, à quatre heures du matin, jusqu'à en mourir, jusqu'à en décrocher mon coeur et le jeter sur le gravier, aux yeux des étoiles refroidies.

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