vendredi 7 décembre 2012

ONLY LYON


J’étais partie pour ne pas les faire les Lumières ce soir, et mon ami m’a motivée, et rien qu’en arrivant à Guillotière pour le rejoindre j’ai vu ça et je n’ai pas regretté, comment j’ai pu penser ne pas les faire; la beauté de cette fête qui m’a fait louper un battement dès la première seconde, le grouillement des gens partout, la féérie qui flottait au dessus du Rhône, avec les lumières de la ville derrière et sous les ponts, et tout le monde en me voyant sourire toute seule a du penser qu’il m’arrivait quelque chose d’extraordinaire à ce moment, et c’était le cas. Et c’était beau de faire cette sortie avec cet ami-là, lui raconter mes déboires sentimentaux, l’écouter me raconter ses histoires, crier “IZI !” avec lui tous les quarts d’heure, aller m’acheter un Mocha au Starbucks, être frustrée de ne pouvoir photographier toutes ces merveilles qu’avec le BlackBerry, et cette foule de gens, je l’aime je crois, cette masse compacte qui vibre à l’unisson sous les Lumières; et à la place des Terreaux mon coeur s’est arrêté de battre tellement c’était beau, et j’avais les larmes aux yeux et dix mille potes autour de moi, venus de partout, avec qui partager ça. Et la Cathédrale Saint Jean m’a achevée, tant de beauté, tant de magie, tant de perfection dans chaque infographie, dans chaque détail, tant d’humanité dans cette création, j’en ai souri et pleuré à la fois, j’en étais éblouie et choquée, c’est la première fois je crois que c’était aussi beau, aussi parfait. Et à Bellecour devant la statue équestre du Roi Soleil, hurler “AZI 1 !!!” comme des tarés à ceux qui carburaient sur les vélos pour produire le feu d’artifice avec cette énergie, et emporter les gens présents dans ce délire, finir par s’égosiller à l’unisson avec quarante personnes. Et je suis rentrée avec le syndrôme de Stendhal dans les veines, le vertige au corps; mon cerveau vacillait d’avoir avalé tant de Lumière, tant de Beauté. L’Art est tout et me retourne, et mon amour pour Lyon reste incommensurable et indicible; il a encore grandit ce soir si c’était auparavant déjà possible, j’aime cette ville comme une vraie personne, j’enlace sa beauté comme un corps palpable, je m’y retrouve, je repère toujours ma mélancolie, ma douceur et mes ambitions dans ses rues et sur ses fleuves. Comment se lasser d’une ville qui est devenue un alter ego, un mariage sous-entendu. Je porte son alliance avec tant de fierté. ONLY LYON.

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