J’étais partie pour ne pas les faire les Lumières ce soir, et mon ami
m’a motivée, et rien qu’en arrivant à Guillotière pour le rejoindre j’ai
vu ça et je n’ai pas regretté, comment j’ai pu penser ne pas les faire;
la beauté de cette fête qui m’a fait louper un battement dès la
première seconde, le grouillement des gens partout, la féérie qui
flottait au dessus du Rhône, avec les lumières de la ville derrière et
sous les ponts, et tout le monde en me voyant sourire toute seule a du
penser qu’il m’arrivait quelque chose d’extraordinaire à ce moment, et
c’était le cas. Et c’était beau de faire cette sortie avec cet ami-là,
lui raconter mes déboires sentimentaux, l’écouter me raconter ses
histoires, crier “IZI !” avec lui tous les quarts d’heure, aller
m’acheter un Mocha au Starbucks, être frustrée de ne pouvoir
photographier toutes ces merveilles qu’avec le BlackBerry, et cette
foule de gens, je l’aime je crois, cette masse compacte qui vibre à
l’unisson sous les Lumières; et à la place des Terreaux mon coeur s’est
arrêté de battre tellement c’était beau, et j’avais les larmes aux yeux
et dix mille potes autour de moi, venus de partout, avec qui partager
ça. Et la Cathédrale Saint Jean m’a achevée, tant de beauté, tant de
magie, tant de perfection dans chaque infographie, dans chaque détail,
tant d’humanité dans cette création, j’en ai souri et pleuré à la fois,
j’en étais éblouie et choquée, c’est la première fois je crois que
c’était aussi beau, aussi parfait. Et à Bellecour devant la statue
équestre du Roi Soleil, hurler “AZI 1 !!!” comme des tarés à ceux qui
carburaient sur les vélos pour produire le feu d’artifice avec cette
énergie, et emporter les gens présents dans ce délire, finir par
s’égosiller à l’unisson avec quarante personnes. Et je suis rentrée avec
le syndrôme de Stendhal dans les veines, le vertige au corps; mon
cerveau vacillait d’avoir avalé tant de Lumière, tant de Beauté. L’Art
est tout et me retourne, et mon amour pour Lyon reste incommensurable et
indicible; il a encore grandit ce soir si c’était auparavant déjà
possible, j’aime cette ville comme une vraie personne, j’enlace sa
beauté comme un corps palpable, je m’y retrouve, je repère toujours ma
mélancolie, ma douceur et mes ambitions dans ses rues et sur ses
fleuves. Comment se lasser d’une ville qui est devenue un alter ego, un
mariage sous-entendu. Je porte son alliance avec tant de fierté. ONLY LYON.

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