
C'était la belle époque. Quand on achetait des Weetos dégueulasses pour collectionner les trolls, quand on croyait que le rosé c'était du rouge et du blanc mélangés, quand on n'avait rien d'autre à faire de nos vies que jouer aux Pogs, Jojo's et autres cartes Pokémon et gueuler dans la cour "haha dans ta gueule j'ai gagné ton Leviator !", quand on stressait pas pour le jour de la kermesse parce qu'on savait pas encore qu'on aurait l'air aussi con dans notre déguisement, quand Sophie elle volait la boîte à couture à sa mère, quand on croyait que le plus bel endroit de la Terre c'était Mc Do, quand on usait nos cassettes dans le magnéto juste pour voir si Aurore allait toucher la quenouille cette fois, quand Batman c'était Dieu, quand j'étais un garçon manqué qui portait jamais de rose et qui se battait pour jouer au foot avec les mecs juste après avoir tiré les cheveux de la baby-pétasse de la classe. La belle époque c'était avant l'arrivée du flex, de K-maro et son pourri "j'suis si loin de toi maintenant que j'te vois même pas" (sans blague?), c'était avant qu'on nous dise "vous allez faire quoi de vos vies", avant qu'on se soucie de la taxe d'habitation à payer, avant qu'on nous bourre la tête du credo "sois belle, consomme et tais-toi", avant que le prof de maths nous demande "donne-moi la définition d'une fonction croissante", avant qu'on devienne toutes des boulimiques droguées au Prozac. La belle époque c'était quand on pouvait chanter Wannabe des Spice Girls sous le préau et que c'était même pas la honte, quand on se foutait royal de la taille du terrain dans Olive & Tom parce que l'important c'était qu'il marque son but. C'était la belle époque. Quand porter des baskets qui s'allument, c'était fashion.
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