dimanche 3 janvier 2010

Footprint


Corps je veux apprendre à t'aimer. Tu longes les rues, les allées, je sens les pas s'alourdir, le dos se cambrer, comme si tu portais ton propre fardeau. Essoufflé sous le poids de ses folies, sous sa pesanteur, mais élève-toi, corps, élève-toi enfin à la beauté ! Tu es ce que tu crées. Et pour l'instant, tu es loin d'être singulier. Alors lève-toi, prends le mouvement, et file, cours, modèle ta pureté ! Il faut être quelqu'un d'exceptionnel, ou ne rien être du tout et essouffler sa vie contre les déceptions. Le poids du corps, le poids du reste, ce fardeau qui m'oppresse. Le chemin est si long, les embûches sont insurmontables; ne peut m'aider que la volonté. Et je ne sais pas si j'ai la force, le courage de replonger à nouveau dans ces abîmes-là pour attraper la perfection du bout des doigts, du bout des os. La pureté est un Enfer, en fin de compte. Et c'est pourtant douloureux d'y renoncer. Spirale démoniaque... Je suis tiraillée entre le besoin de perfection et l'envie de ne plus y penser; vivre ! Métamorphosons, refondons, remodelons, remplaçons. Au risque d'y perdre le sourire... ? Le dilemme empoigne mes pensées.