
Alors j'écris. Je mets des mots sur les hématomes. Je dessine mes bleus. J'écris. C'est encore la seule chose que je peux contrôler. Ce qui sortira ou ne sortira pas. Ce qui se saura ou ne se saura pas. C'est la seule chose qu'il m'est donnée de savourer, sans que ça ne s'arrête jamais. Il y a une fin à tout. Mais pas à ça. Alors j'écris. Je puise mes encres dans mes profondes blessures, et je les jette sur le papier. Je les balance aux yeux du monde, à la réalité. Je trempe la plume dans mes veines, et j'esquisse sur les cahiers. Encre rouge. J'écris ce qui résonne dans ma tête, j'écris ce qui tambourine dans mon coeur, j'écris la poussière de mes poumons. J'écris les écorchures de mon corps, ses caprices insolubles, sa faim du vide. J'écris le Temps qui défile, Chronos qui s'égraine, j'écris le clapotis de la pluie qui vient m'arracher au Néant. J'écris les Nuits blanches à trop penser, j'écris les larmes. Et jamais rien de gai. Je capture mon inspiration dans les plus profondes abysses. Et je griffonne, et je gribouille, et je trace. Et je compose, et je crayonne, et je grave, et si je note tous ces instants obscurs, c'est pour m'en sortir. J'écris pour ne pas mourir.
1 commentaire:
Il est clair que ton inspiration vient principalement de tes maux.
Mais prends soin de toi quand même, ton écriture à beau être juste sublime, ton bonheur n'a pas de prix.
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