
Aucune envie, aucune notion de temps. L'impression que seul l'ennui me passionne pour l'instant. Le vertige me prend à la gorge. Je n'arrive pas à me raccrocher aux branches, aux barrières. Les poussières envahissent ma bouche. Qu'est-ce que je fais, franchement ? Je parle doucement. J'erre dans les bouches de métro. Je pose mes papiers. Je dégouline de désespoir. Je ne sais pas me rattraper. Je ne sais plus ce que je ressens. Je veux danser ivre sur les comptoirs, pleurer sous les lampadaires des trottoirs. Folie impétueuse de la jeunesse. Je veux plus. Je veux vibrer. Vibrer sous l'intensité de la vie. Je veux l'ivresse de la Nuit, je veux stopper ce flot de timidité qui me submerge. J'ai la voix trop douce, trop éteinte, je suis trop effacée, pas assez étreinte. Je cours dans les rues, marche sous la pluie, heurte le goudron. Pleure dans les allées. J'ai besoin de l'essentiel.
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