jeudi 2 juillet 2009

Pénombre


J'erre et je meurs tous les jours au fond de mon lit, enroulée dans les draps. J'aligne mes bouteilles et mes humeurs indomptables. L'aiguille du Temps s'est brisée. Ma réalité n'est plus comme celle des autres. Dans mon monde, somnifères et anti-dépresseurs s'entassent dans ma bouche, créent un écho au fond de ma gorge. Dans mon monde, le frigo s'ouvre et se ferme soit cinquante fois par jour, soit il ne s'ouvre jamais. Le jour ne se lève pas, c'est la Nuit pour toujours. Je reste décoiffée par la décadence. Je subis ma déréliction en silence. Mes dessins de gamine parlent pour moi. Les crayons-feutres hurlent mon mal-être et mes indécisions. Dans mon monde, il n'y a plus de Temps. Plus de futur, trop de passé.

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